SUD-UBANGI / LIBENGE : À Mawuya, une cité coupée du monde, abandonnée à la 1G depuis 2015
population du secteur Sud de Libenge lance un cri de détresse. Dans la cité de Mawuya et ses villages environnants, communiquer relève du parcours du combattant. Une situation qui perdure depuis plus de 10 ans.
Par la Rédaction - Congo Numérique.
Motenge-Mboma, 10 octobre 2026
C'est un paradoxe à l'ère du numérique. Alors que le monde entier parle de 5G et d'intelligence artificielle, la cité de Mawuya, située à proximité du chef-lieu du secteur Sud de Libenge, dans la province du Sud-Ubangi, survit avec une antenne Vodacom 1G installée depuis 2015.
Une technologie obsolète qui ne permet même pas de naviguer sur Internet.
Une couverture fantôme
Selon nos informations recueillies sur place, le réseau Vodacom 1G installé pour désenclaver la population ne couvre pas l'intégralité de la cité. Plusieurs villages restent dans une zone d'ombre totale, notamment Agbe, Kangayani, Bondi, Gengbe, Bali et Tsozo, pour ne citer que ceux-là.
Conséquence directe : l'accès à l'information, à l'éducation et aux services de base est quasi impossible. La communication, pourtant un besoin vital et un droit fondamental, est devenue un luxe.
"Avec la 1G, on ne sait même pas ouvrir WhatsApp. Pour envoyer un simple message, il faut marcher des kilomètres", confie un habitant de Mawuya.
Le business de la débrouille et l'exode numérique
Pour pallier cette carence, des acteurs commerciaux locaux ont installé des points de connexion Wi-Fi monnayés. La population est obligée de payer pour acheter des mégas à prix fort, une charge insupportable pour des familles déjà vulnérables.
Lasituation est si critique que certaines familles sont contraintes de quitter leurs maisons pour aller s'installer à proximité de l'antenne ou dans des zones où elles peuvent capter un faible signal.
Pire encore, abandonnée par les opérateurs nationaux, la communauté Mbanza et d'autres se tournent vers les réseaux étrangers de la République du Congo. De nombreuses familles ayant des proches à Brazzaville ou ailleurs, elles sont obligées d'utiliser des SIM congolaises, où le coût de la communication est exorbitant.
Une véritable humiliation et une question de souveraineté nationale.
Un plaidoyer aux autorités
Aujourd'hui, la population de Mawuya demande le minimum : être connectée à la RDC.
Elle lance un appel pressant aux autorités compétentes, tant au niveau provincial du Sud-Ubangi qu'au niveau national à Kinshasa, y compris à l'ARPTC et aux opérateurs de téléphonie mobile, afin que leur plaidoyer soit enfin pris en compte.
À l'heure où le Chef de l'État prône la couverture numérique de tout le territoire, Mawuya rappelle que cette partie de la République Démocratique du Congo souffre encore dans le silence et l'isolement.
Sud-ubangi, Congo Numerique.

